« L'héraldique et l'art des blasons »,
c'est ce que je vous propose de découvrir, le plus simplement possible.
Petit à petit, nous apprendrons à blasonner (décrire (lire) un blason). Les
partitions, les « couleurs », les figures, etc. n'auront plus de
secret pour vous... Vous pourrez ainsi, bientôt créer votre propre blason. :-))
De tous temps, et quelle que soit la civilisation, l'Homme a eu besoin
d'affirmer son identité et de se faire reconnaître par les autres.
Cette identification personnelle ou de clan s'effectue à
l'aide d'un système emblématique utilisant de nombreuses figures
symboliques. Plus simplement, laisser une trace et apposer sa marque !
;-) Mais ce n'est pas encore de l'héraldique.
[ J'avoue que c'est là, un sacré raccourci ! ;) ]
Un élément essentiel ayant contribué à la « création »
de l'héraldique est la reconnaissance sur les champs de bataille des
différentes unités combattantes. Pouvoir se rassembler rapidement auprès
des chefs de bataille et éviter de s'entre-tuer grâce aux moyens mis à
disposition : étandards, fanions aux « couleurs » (armes) de chacun...
Une des premières traces écrites correspondant à
l'héraldique définie comme telle, remonterait au
XI ème siècle, suite à
l'énumération des éléments composant les
couleurs et détails vestimentaires de chacun des deux combattants
qui allaient s'affronter. La personne qui fit cette
énumération est par conséquent le premier
héraut d'armes (hérault en vieux françois) connu de l'Histoire.
L'héraldique est plus précisément un Art (ou une
spécialité) qui se consacre à l'étude du
blason et des armoiries.
Il n'est pas faux de parler de « science héraldique ».
Aux vues de toutes les règles et du vocabulaire spécifique employé,
l'héraldique est effectivement une science et un langage !
Toutefois, l'étude de l'Héraldique ne s'arrête pas à la représentation
graphique ; le héraut doit mémoriser les faits
d'armes associés à la personne et être capable de les citer en toutes
occasions en fonction des armoiries portées par le chevalier.
Ce ne devait pas être un métier facile... ;-)
Les représentations qu'on trouve sur les écus sont très souvent
relatives à une symbolique spirituelle, à un fait d'armes, un peu plus
récemment, à une situation
artisanale, à un métier, à une corporation ; à l'association du nom
avec sa représentation phonétique ou symbolique (quolibet),
géographique, ou encore à un ensemble composé de plusieurs de ces éléments.
Cet art suppose sur le plan graphique, autant une esthétique qu'un
descriptif. Les explications que vous trouverez en parcourant ce site seront
tantôt plus spécifiques à « l'Art du Blason
» que de la « science de l'Héraldique » dans son
ensemble ; (une différenciation pouvant être faite entre
les deux).
A chaque fois nous essaierons de voir les éléments de base
immuables et ceux, plus représentatifs du blason
ancien ou moderne.
Le blason dans sa représentation initiale fait appel à l'écu
(le bouclier).
C'est à partir de ce support « de base » que le blason
prend réellement sa valeur spirituelle.
Avant d'aller plus avant, [ ;-) ] voici quelques remarques sur l'écu en
lui-même :
- l'écu est défini en trois éléments qui sont : le chef, la pointe et les flancs,
- il peut être composé de trois types d'émaux : couleurs, métaux et fourrures,
- on distingue trois classes de figures : naturelles, artificielles et chimériques.
Avec ceci, on verra qu'il y a (entre autres), neuf partitions principales
et neuf points ! Sans compter les trois
« couleurs » de l'origine
« pré-héraldique » qui sont :
l'aigle pour l'Empire, la croix et le lion pour la Religion et la fleur de
lys pour le Royaume.
La forme la plus « simple » sur laquelle furent
apposés les symboles est l'écu. L'écu à
l'origine, n'était autre qu'un bouclier de bois, de cuir ou de fer,
tantôt recouvert de fourrures, tantôt peint ou dessiné.
Il sert aux guerriers, dans son rôle 1er, pour se protéger et pour
impressionner (effrayer) l'ennemi, puis tout comme pour les clans et les
familles, pour permettre de s'identifier sur les champs de bataille.
Selon les pays et les âges, les formes des écus
diffèrent sensiblement, mais elles représentent toujours en
héraldique, dans leur forme, le symbole du Coeur. De celui-ci, trois grands
contours d'écu se sont révélés. Il s'agit de
l'écu triangulaire, en amande ou encore appelé traditionnel.
Voici quelques-unes des principales formes rencontrées :
N'oublions pas les boucliers plus traditionnels comme le « scutum Romain »,
rectangulaire ou rond...
Bien sûr, ce n'est ici, que l'élément de base (le
bouclier) qui est déformé. Les formes ont varié au
cours des siècles et en fonction de l'évolution des coutumes des
pays. Un échantillon des formes principales les plus connues
est affiché dans le tableau suivant :
Quelques formes d'écus
écu des dames
écu des demoiselles
écu Français ancien
écu Français du XIII ème
écu classique
écu de tournois
écu Suisse
écu Ibérique
écu Polonais
écu Anglais
écu Allemand
écu Italien
L'évolution des moeurs, la manière de combattre, l'apparition
des « jeux » (tournois et joutes) ont été
autant de facteurs de transformation des écus ; ceux-ci
deviennent plus petits, on en trouve de bombés, des découpés
pour laisser passer la lance de tournois...
Écus de tournois, dont le carré qui lui est dédié
Ne vous étonnez donc pas de rencontrer quelques variantes à ces formes
typiques.
Le descriptif de ces blasons se lit (s'énumère, se
blasonne) de la manière suivante :
« De gueules, à trois besants d'or posés en
bande ». Toutefois, l'un de ces blasons a pour descriptif
« De gueules à trois besants deux et un »
(trouvez-le). ;-)
La lecture des blasons est expliquée dans le chapitre :
la lecture des blasons.
Je ne puis le garantir pour tous les écus, mais le nombre d'or entre
en de nombreux points dans la construction de l'écu français du XIII
ème siècle.
Ce nombre d'or, garant de l'esthétique, apparaît à tous niveaux dans la
conception de cet écu.
Les couleurs utilisées en héraldique portent le nom d'émaux.
Les émaux sont partagés en trois groupes qui sont respectivement :
les métaux, les fourrures ou pannes et les couleurs.
L'« émail » est (devenu (?)) le terme générique pour exprimer les différentes
teintes quel que soit le matériau utilisé.
À partir de maintenant attention au sens du mot
couleur. :-) Ceci, à l'origine vient certainement de la
matière initiale et de la manière de recouvrir les premiers
boucliers ; et on en a conservé le nom. Voir le tableau
ci-dessous.
Il existe respectivement deux métaux, deux fourrures proprement
dites et leur contre, ainsi que cinq couleurs de base et une couleur
composée qui se situe entre l'or et le rouge. Cette sixième
couleur que l'on peut trouver sous le nom de
« transmutation », peut varier dans sa teinte de
l'orangé au tanné (voir tableau). Une autre
couleur destinée à représenter la couleur chair
fit son apparition un peu plus tard et porte le nom de carnation
ou carné.
Enfin une toute dernière « couleur » existe et
se nomme « au naturel ». Elle est relativement
récente et elle est parfois utilisée pour représenter
les animaux, les fruits ou encore certains objets dans leur couleur dite
naturelle. Elle ne rentre donc pas directement dans le cadre d'une
couleur traditionnelle sachant que le dessin représenté « au naturel » peut
contenir des nuances de plusieurs coloris.
Les métaux
Argent
Or
Les fourrures
Hermine
Vair
Contre-hermine
Contre-vair
Les couleurs
Gueules rouge
Azur bleu
Sable noir
Sinople vert
Pourpre violet
Orangé orange
Transmutation
orangé orangé
Tanné marron
Composition et précisions.
Ces dix émaux fondamentaux de l'héraldique peuvent subir quelques
variations de teintes, plus clairs ou plus sombres
suivant les régions ou les pays ,voire les héraldiste...
À ce propos, on peut trouver le gris, encore appelé « fer » (métal) en
héraldique Allemande ou le « rouge sang » (Dark Blood-Red) dans l'héraldique Anglaise.
Mais dans toutes les Héraldiques, la superposition de certains
d'entre eux reste interdite, tout comme la surcharge des couleurs ou des
symboles.
Pour plus d'informations consultez les règles de
l'héraldique.
Par exemple : les deux métaux ne doivent pas être mis l'un sur
l'autre ! (Quoi que ! ;-)) Cf. les règles...
Des combinaisons d'émaux sont également possibles tant qu'elles
respectent les règles de l'héraldique, comme
par exemple, de gueules herminé d'or, ou bien, d'or vairé de gueules...
Encodage des émaux.
À noter que dans les représentations en couleur, l'or peut
être représenté par du jaune, et l'argent par du blanc.
Le noir (sable devrais-je dire ;-)) est considéré
comme une couleur, mais il peut également être
considéré comme une fourrure. Car dans sa nature
première, le sable (noir soyeux) a également pu provenir de la
fourrure de la Zibeline (Martre de Sibérie et du Japon).
La pourpre est également une couleur un peu à part, (voir
les règles de l'héraldique) qui sans être réservée est peu utilisée dans
l'héraldique traditionnelle.
Dans l'histoire de l'héraldique, le sinople (du moins dans le nom,
sinon dans la couleur elle-même) est apparu bien après
le gueules, l'azur et le sable. Viennent ensuite la pourpre et les
transmutations y compris la couleur de carnation.
Info : Dans l'héraldique Germanique on peut rencontrer le fer
(gris foncé), mais cela est très rare... Le rouge vif,
couleur sanguine, fait plutôt partie de l'héraldique
Anglaise.
Il existe également un code couleur schématique
utilisé en héraldique lors de représentations en
bichromies ou d'esquisses de blasons. C'est un ensemble de points ou de
traits orientés qui forme un motif et auquel une couleur est
associée. L'absence de motifs représente la couleur
« argent ».
Pour la petite histoire, (comme on dit ;-)), cette
« table d'encodage » aurait été
créée au XIV ème puis utilisée
plus systématiquement au XVI ème
siècle. Avant cette date, il est possible de rencontrer un encodage
par lettre, comme le S pour sable, le O pour or, etc.
Tous les motifs sont tracés au trait en noir et blanc et remplis à
l'aide du système ci-dessus ou associés à une lettre (tableau ci-desous).
Lettres utilisées pour marquer la teinte des émaux
émail
France
Angleterre
Allemagne
Or
O
O
Go
Argent
A
A
W
Gueules
G
G
R
Azur
B
B
B
Sable
S
S
S
Sinople
V
V
G
Pourpre
P
P
Br
Exemples :
ou=
ou bien encore :
ou=
Symbolisme des couleurs.
Attention, ici, couleur a le sens générique (teinte).
À chacune de ces couleurs est associé un sens pratique, un
trait de caractère ou un symbole. En effet, à travers les âges et les lieux,
on a donné et/ou présage à des colories...
Depuis très longtemps déjà, on a associé aux couleurs des vertus, des significations, des traits de caractère
ou des émotions, mais aussi un âstre ou une pierre (non hexaustif). Ces symboles diffèrent également en fonction
des lieux, mais avec parfois une certaine constante.
Le contexte ou domaine (héraldique, décorration, voyance, ...) dans lequel on utilisera ces couleurs peut
en faire varier ou augmenter le sens. Plus communément, on trouvera les significations suivantes :
L'Or : Le Soleil et la Topaze.
Intelligence, grandeur, vertu, prestige.
L'Argent : La Lune et la Perle.
Netteté, pureté, sagesse.
Le Rouge : Mars et le Rubis.
Amour, désir de servir sa patrie.
Le Bleu : Jupiter et le Saphir.
Symbole de la beauté, fidélité, persévérance.
Le Noir : Saturne et le Diamant.
Tristesse.
Le Vert : Vénus et l'Émeraude.
Santé, joie, espérance, liberté.
Le découpage de l'écu est à la fois simple et
complexe ; simple car visuellement les lignes de séparation
sont des segments de droites, courbes ou rectilignes qui suivent une
symétrie simple. Complexe car il y a plusieurs types de
découpages, dont certains se superposent, s'emboitent et d'autres
sont invisibles car symboliques ou spirituels.
Globalement, parmi les divisions de l'écu on peut trouver les types
de découpages suivants :
Symboliques (9).
Correspondant aux neuf points que vous allez découvrir dans la
partie consacrée au découpage de l'écu.
Spirituels.
De très nombreuses variantes, allant du pentacle
à la spirale, en passant par les neuf points.
Les partitions principales (9).
Les plus classiques de l'héraldique.
Les partitions ternaires (9).
Moins courantes...
Les répartitions (9).
Une combinaison des partitions et répartitions.
Peu usitée en héraldique ancien.
Les partitions seyantes (9).
Les noms sont empruntés aux vêtements de l'homme.
Les états des partitions seyantes (14).
Il s'agit des partitions seyantes ou sécantes, mais avec
des séparations curvilignes.
Les pièces.
Attention, les pièces ne correspondent pas à un découpage en soi
de l'écu, mais à une superposition de matière de forme géométrique
qui au final va participer à la division de l'écu.
Du fait de leur forme, les pièces peuvent se confondre avec
certaines partitions.
Le découpage de l'écu.
Fondamentalement, un écu est formé de neuf parties distinctes, encore
appelées points. Attention, ces points ne sont pas représentés physiquement
sur l'écu, ce n'est qu'un positionnement symbolique.
Par contre, les meubles seront placés
en ces points ou à leurs intersections.
L'écu, quelle que soit sa forme, est découpé en neuf
parties distinctes, trois lignes de trois colonnes. On peut aussi employer :
trois tires de trois points. Chaque « case » est un point qui se nomme aussi
un canton. De gauche à droite et de haut en bas, on obtient
respectivement :
le canton dextre du chef, le chef, le canton senestre du chef,
le flanc dextre, le coeur (le centre ou l'abîme), le flanc senestre,
le canton de la pointe dextre, la pointe,
le canton de la pointe senestre.
Vous aurez peut-être remarqué que les parties dextres (ce
qui signifie droite), désignent les parties qui se trouvent à
votre gauche sur l'écu dessiné ! Ce n'est pas une
erreur ; cela provient du fait que l'écu était
porté par un chevalier, et par conséquent, celui-ci le tenant
à son bras, le côté que l'on voit à notre gauche
correspond bien à la droite du chevalier. Or l'écu, (le
blason), est représentatif de son porteur...
Dans certains cas, c'est le corps humain qui y sera symbolisé par
ces neuf points. Le vocabulaire employé sera alors assez représentatif
(chaussé, chapé, vêtu, ...).
D'une symbolique encore plus complexe, on peut trouver un ensemble
d'éléments imbriqués tels un triangle à cinq branches, plus un triangle à
six branches, plus un cercle. Chacune des intersections et/ou surfaces peut
avoir un caractère symbolique ou spirituel...
Le coeur de l'écu (l'abîme) représente le coeur spirituel.
Le partitionnement est le premier découpage physique de base d'un
écu. C'est par dessus celui-ci que d'autres types de
découpage seront inscrits ou superposés ou encore que les
figures seront placées.
Le système de partition de l'écu s'appuie sur les neuf points définis
dans l'écu. Ainsi, l'écu de base, de couleur unie, sans ligne de partage est
une partition unique parce que non découpée et porte le nom de Plain.
On parlera aussi de « champ ». Lorsqu'il est plain, le champ est
composé d'un seul émail ; ce qui est relativement rare
et très ancien !
Voici maintenant les neuf partitions principales. Les parties formées
par ce découpage sont nommées quartiers.
On peut retrouver certaines appellations sous des termes différents,
comme Giron à la place de « parti, coupé,
taillé, tranché » en référence
à un motif de l'écu (gironné).
Viennent ensuite les neuf partitions ternaires. Il s'agit de partitions
composées de trois « quartiers ». Ce
partage en trois parties s'effectue selon des normes bien précises
(voir les dessins ci-dessous).
Ce type de partitionnement se nomme des
« tiercés ».
Ces partitions ne sont pas celles qui sont les plus utilisées.
Problème d'émail ? Voir les règles.
Elles sont respectivement :
tiercé en fasce, tiercé en pal, tiercé en bande,
tiercé en barre, tiercé en pairle, coupé mi-parti en pointe, coupé
mi-parti en chef, parti mi-coupé à dextre, parti mi-coupé à senestre.
Les chiffres dans chaque partie de l'écu indique l'ordre du blasonnement.
La combinaison des partitions entre elles, forme ce qu'on appelle des
répartitions ; même si le sens originel est « parti à
nouveau ». Les répartitions apparaissent lorsqu'on découpe les
quartiers d'une partition principale ou ternaire.
Chaque quartier ou partie sera donc : réparti,recoupé,retaillé, ou retranché,
suivant s'il est parti, coupé, taillé ou tranché.
Normalement, il s'agit de redécouper le blason en parcelles
rectangulaires de 6, 8, 10, 12, 16, 20, 24, 28, ou 32 parcelles. Les
exceptions telles le gironné ou l'écartelé en sautoir
peuvent être considérées comme appartenant à la
même famille.
Le meilleur moyen de se faire une idée, est de regarder des
exemples ! :-)) Encore un petit détail, quel que soit
le type de découpage, lorsqu'il s'effectue dans un quartier, il se
nomme contre. Les plus usités sont, le
contre-écartelé, le contre-écartelé en sautoir
et le contre-gironné. On ne précise pas la position du contre
lorsqu'il est situé dans le premier quartier.
Donc voici, de gauche à droite, « un écu parti de trois et coupé
d'un ; un écu parti, coupé de deux ; un écu écartelé et parti le
second, (ce qui donne un découpage dissymétrique) ; un écu écartelé et
parti en 2 et en 3 ; un écu écartelé et
contre-écartelé ».
Ici on obtient :
« gironné d'argent, de pourpre, d'argent et d'azur »
et un écu « gironné d'azur et d'or ».
Le gironné est la combinaison de l'écartelé et de l'écartelé en sautoir.
Le giron, représente quant à lui, la forme triangulaire,
celle-ci peut se retrouver toute seule sur un écu, par exemple :
« d'argent, au giron d'azur ».
Les rebattements ne sont ni plus ni moins qu'une multiplication
successive d'une même partition, ou d'une pièce
honorable.
Le palé est le rebattement du parti, alternant ainsi les émaux des
pièces verticales. Le fascé est le rebattement du coupé, le barré, celui
du taillé et le bandé, celui du tranché.
Le rebattement oblige parfois à la réduction de la taille
des pièces, cependant, lorsque les pièces perdent trop de
leur proportion vis à vis de l'écu, le nom associé au
rebattement est modifié. Par exemple pour le parti, on obtient le
pal, ou plus précisément, le tiercé en pal, puis
palé de x pièces.
Attention, une petite subtilité se détache ici, malgré les noms composés
avec le mot pièces, comme dans « ... bandé de quatre pièces ... »,
il s'agit d'un rebattement considéré comme une partition contrairement à
« ... quatre bandes de ... » qui représente effectivement les pièces propres.
Dans l'ordre, nous avons : « fascé d'argent
et d'azur », puis « fascé d'azur et
d'argent de 6 pièces ». Ajouter de 6 pièces
n'est pas une erreur, toutefois un fascé sans autre indication est
(normalement) forcément de 6 pièces. :-) Si le nombre de
pièces augmentent encore, nous aurons d'abord un fascé de 8
pièces, puis le fascé deviendra un burelé
(à partir de 10 pièces). La burèle (ou burelle) est
le nom donné à cette pièce de faible largeur.
Attention de ne pas confondre ce blason ci-contre, avec les précédents ! Il s'agit de la pièce « fasce » et non d'un rebattement.
« D'argent, à deux fasces d'azur ».
Ici, un autre exemple où il ne faut pas confondre le
rebattement et la pièce ! Cette erreur est apparemment relativement
commune, même dans des armoriaux très anciens...
Merci à Arnaud Bunel pour ces
précisions et la base du dessin de ces deux blasons.
Dont voici deux exemples : « Chevronné d'or et de gueules »
et « D'or, à trois chevrons de gueules ».
Croyez-moi, on se fait vite avoir... ;-)
Voici maintenant des exemples sur les différences entre
les pièces en pal et les rebattements du pal. Voir aussi la
partie spécifique sur les pièces.
L'azur et le gueules ne sont ici dans les représentations que pour vous
aider à bien distinguer les pals des palés. Chacun peut être
d'un émail quelconque.
« D'argent à X pals d'azur », 1, 2 et 3 pals. Notez bien les deux
derniers blasons, ils ont tous les deux le même blasonnement :
« D'argent, à trois pals d'azur », mais la largeur des pals et des
espacements est différente. Les deux sont justes, le second style est peut
être un peu plus ancien...
Palé de quatre pièces.
Palé. (6 pièces)
Palé de huit pièces.
Vergetté. (10 pièces)
Vergetté de douze pièces.
Chaque orientation obéit à la même règle d'appellation en fonction du
nombre de rebattements présents. Seuls les noms représentant les pièces et
leur réduction sont différents.
Nous obtiendrons donc pour la bande, en commençant par sa partition
primaire : tranché, bandé de deux pièces, bandé de
quatre pièces, bandé (sous entendu de six pièces),
bandé de huit pièces, coticé (sous entendu de dix
pièces), coticé de X pièces, etc.
S'il en est de même pour le taillé donnant le barré de X pièces, malgré
que le nom de la pièce réduite de la barre soit la traverse, lorsqu'elle
est utilisée en nombre on la trouve plus couramment sous le nom de
coticé en barre ! Changement du nom à 10 parties
comme les autres.
Pour résumer et pour faire le distingo entre la pièce et la partition,
nous avons à partir des partitions principales :
Le parti, (la pièce de base est le pal), le palé, le vergetté.
Le coupé, (la pièce de base est la fasce), le fascé, le burelé.
Le tranché, (la pièce de base est la bande), le bandé, le coticé.
Le taillé, (la pièce de base est la barre), le barré, le coticé en barre.
Comme vous l'aurez remarqué, il y a des chiffres qui n'ont pas besoin d'être
cités : six (6) et dix (10). Le nom du rebattement est suffisant pour
chacun d'eux s'ils comportent ce nombre de pièces. Exemple :
fascé = 6 et burellé = 10. Les citer n'est toutefois pas une erreur.
Voici un exemple de « contre » associé
à un rebattement du bandé.
Celui-ci aura pour lecture : « Parti
et contre bandé de 6 pièces, d'or et de gueules de l'un à
l'autre ».
Voici maintenant un exemple utilisant une combinaison du fascé et du
palé...
« D'azur, équipolé d'argent ».
« Contre palé de gueules et d'or de quatorze pièces ».
Un blasonnement plus précis serait : « Coupé, palé de
gueules et d'or de quatorze pièces et contre palé des mêmes ».
« Contre fascé d'or et de gueules de quatre pièces ».
Voici d'autres types de partitions existantes.
Ces partitions donnent à l'écu la représentation d'un Homme et se
proposent de l'habiller, c'est pourquoi leur nom rappel celui des vêtements.
Comme je l'ai déjà signalé, il s'avère que des pièces se
superposent (voire, se confondent) avec des partitions. C'est exactement le
cas avec ces partitions. Toutefois, à mon sens, la partition est mieux
adaptée à l'écu que la pièce dans ce domaine.
Pour mieux comprendre la différence qui peut exister, je vous propose
d'aller un peu plus loin en vous dirigeant vers le chapitre
des pièces. :-))
Tel un humain, l'écu poura être chappé (la cape), chaussé,
vêtu ou mantelé, si l'on considère les flans, il poura aussi être embrassé sur
un côté ou flanqué... Je vous laisse découvrir les significations en
images. :-)
Chappé
Chaussé
Vêtu
Chappé-Chaussé
Vêtu = Chappé et chaussé d'un même émail.
Chappé-chaussé = de deux émaux différents, ici de l'un à l'autre.
Notez que (quelque soit la partition « vestimentaire »), il
n'y a pas de position d'arrêt réelle pour le trait.
Comme vous pouvez le constater, ces partitions doivent s'adapter à la forme
de l'écu pour rester intègres et esthétiques, les formes dans les carrés sont
les formes de bases. Le second chappé pouraît effectivement être confondu avec
une pointe (pièce).
Mantelé
Embrassé à dextre
Embrassé à senestre
Embrassé à senestre
Flanqué
Tiens, quel est donc cette étrange partition ? :-)
« un flanqué » aussi nommé « flanqué-courbé », je profite de cette
partition pour introduire les courbures qui peuvent s'appliquer à
l'ensemble des partitions que nous venons de voir.
En voici quelques exemples :
Il ne s'agit ici, que des mots utilisés dans le texte de cette page. Les
définitions sont simplifiés au plus court. Un véritable lexique est en
préparation et devrait être fonctionnel petit à petit...
Si vous ne trouvez pas votre bonheur dans le vocabulaire ci-dessous, essayez sur le lexique plus complet...
ARMOIRIES
Armoiries ou armes. C'est l'ensemble comprenant l'écu, les figures,
les devises et tous les ornements extérieurs.
exemple : Les armoiries d'une famille, d'une ville, d'un État...
Le blason est un ensemble de couleurs et/ou de dessins apposés sur un
écu. Cet emblème ainsi formé représente les armes d'une famille. Le blason
est également l'ensemble des armoiries qui composent un écu.
1. C'est donner un descriptif clair et précis d'un blason, d'une
armoirie... Il s'agit de donner une « lecture ».
2. Peut aussi être employé pour signifier la création d'un
blason.
C'est la figure qui surmonte l'écu. Lorsqu'il y a un heaume ou
une couronne, c'est l'ensemble des décorations diverses qui se trouve
au dessus. Il peut-être blasonné du même (comme
l'écu qui le soutien, sous entendu composé des mêmes émaux et de même
conformation) et il est souvent fantaisie.
En héraldique, les émaux correspondent aux différentes couleurs que
l'on peut rencontrer. Ceux-ci sont de trois types, et ils portent les noms
suivants : METAUX, FOURRURES et COULEURS.
Ils sont associés respectivement aux boucliers de bois peint,
de métal et recouverts de fourrures, ou bien de mélange.
Le heaume est un casque intégral destiné aux combats et aux joutes.
Il en existe de très nombreuses variétés. Bientôt des images sur la page
médiévale...
Héraut ou Hérault en vieux François, ;-) c'est un
personnage officiel chargé de porter les déclarations de
guerre, de régler les cérémonies et les jeux (joutes),
ainsi que de surveiller les blasons dans leur authenticité et leur
unicité.
Leur rôle est également (avec l'aide de leurs commis) de répertorier les
armoiries existantes.
Les pièces représentent l'ensemble des figures
héraldiques dites immuables. Cela concerne des figures types
qui peuvent se superposer aux partitions.
Pour obtenir plus d'informations, lisez le chapitre consacré
aux pièces.
La liste de discussions « Héraldique-fr »
et le « Traceur du site »
Intéressé pour dialoguer avec d'autres
personnes sur le sujet ?
Cette liste de discussions est ouverte à tous.
Pour plus de détails, consultez
la page dédiée...
Si vous souhaitez être informé
lorsque
des mises à jour sont effectuées sur ce site, utilisez le
« traceur » ci-dessous...
Une superbe collection de motifs héraldiques.
Pour créer vos propres blasons !
Voici un anneau « Héraldique » (Fr) dans le but de rassembler les
sites traitant de l'héraldique,
chacun à leur façon et d'en faire profiter le maximum d'internautes...
Proposez votre site ! :-))
(Les sites purement commerciaux ne seront pas retenus).
L'art du blason : La vérité sur les blasons ; le langage technique des blasons, l'étude de l'héraldique et des armoiries. Des petits armoriaux gratuits. Des explications à l'aide de blasons. Un glossaire héraldique...
Héhé, vous venez de découvrir un indice pour la crypto : « Celui qui trouve sait déjà ! ».