Lire un blason, en fait, le décrire, se dit « blasonner ». C'est
l'énumération complète de la composition d'un blason. Il s'agit d'en
donner une description aussi brève que possible tout en restant très
précis. La priorité étant l'exactitude !
Par conséquent, pour lever le doute on ajoutera des précisions, quitte
à « alourdir » le blasonnement.
[Info : Blason viendrait de « Blasen », un mot d'origine
Germanique qui signifie « sonner du cor ». Hors, faire retantir cors et
trompètes étaient la manière d'annoncer les personnages. Suivait ensuite
l'énumération des titres et des armes... C'est de là que le plus
probablement le mot « blason » serait né avec comme signification
d'annonce, d'énumération des armes.]
La lecture peut s'étendre aux armoiries complètes, c'est à dire sans
omettre, s'il y a lieu, le cimier, le timbre, les lambrequins,
les tenants, les supports et les soutiens, le cri et la devise, etc.
Bref, ce qu'on appel les ornements extérieurs. :-)
Même si ceux-ci n'obéissent à aucune règles précises, ils peuvent
apporter des éléments d'identification importants (titres, critères
ecclésiastiques, etc.)
Le vocabulaire employé pour effectuer le blasonnement est souvent très
ancien et certains mots ne sont plus guère employés de nos jours, il faudra
donc être attentif aux faux-amis ou contre-sens possibles.
Certains mots ont également subis des variations d'orthographes au fil
des siècles... Tout ceci donne parfois des descriptions assez difficiles à
comprendre mais avec un charme tout particulier.
Heureusement, la définition de ces mots existe encore et les explications
décortiquées du vieux français sont disponibles dans les livres dédiés à
l'héraldique. D'autres lexiques assez complets sont
accessibles via Internet, y compris sur mon site. ;-)
Enfin, un dernier point avant de poursuivre. Un mot représente un élément
défini, cependant cet élément peut varier d'un dessinateur (artiste,
héraut) à l'autre, mais aussi l'objet (l'élément) en lui même suivant les
régions et les époques (exemple, l'anille ou fer de moulin). Ce n'est pas
une faute en soit, le blasonnement sera le même et juste.
Toutefois, lorsqu'on possède le dessin original, il convient de
respecter au mieux le style de représentation et le positionnement précis
des différents éléments.
Pour éviter d'alourdir cette page (taille et temps de chargement) vous aurez
besoin des quelques petites connaissances acquisent dans les chapitres
précédents de ce site. Elles ne seront pas réexpliquées dans cette partie.
C'est pourquoi, avant de vous aventurer dans cette partie sur la lecture
des blasons, je vous recommande de lire au minimum les rubriques indiquées
ci-dessous.
Même si toutes les parties de ce site sont importantes (et
intéressantes ;)), certaines sont indispensables pour comprendre les
blasonnements (vocabulaire, règles et subtilités).
Je vous recommande la lecture des chapitres suivants :
Rappel : Comme nous l'avons déjà vu, la partie dextre (droite) de l'écu se
trouve à gauche lorsqu'on le regarde de face (vue du spectateur).
L'explication est que l'écu représente son porteur, par conséquent il est
dans le bon sens pour celui-ci.
Dans le même odre d'idée, les ombres portées des charges apparaissent en
bas à droite car le soleil (la lumière) doit venir du coin supérieur gauche
de l'écu lorsque celui-ci nous est présenté de face.
Par contre, lors de la lecture (du blasonnement), on lira le blason
de gauche à droite, souvent de haut en bas et surtout en suivant les règles
de découpage de l'écu. (Voir les numéros indiqués sur les écus dans
la partie consacrée aux partitions
de l'écu).
Attention, concernant l'écartelé, on trouve les deux
systèmes suivants :
1
2
3
4
et
1
2
4
3
Le premier système exposé étant apparemment
celui le plus employé en France. Je vous présente les deux car je
les ai croisés, mais il semblerait que le second système soit
en fait des erreurs (d'écriture, recopie, coquille...) et n'existe
pas. À suivre...
Dans le cas le plus favorable, on blasonnera comme suit :
« Écartelé aux 1 et 4 de ... et aux 2 et 3 de ... » ; exemple :
« écartelé aux 1 et 4 de gueules à la fasce d'or ; aux 2 et 3 d'argent »,
mais lorsqu'il ne s'agit que d'émaux, on pourra dire : « écartelé d'or et
d'azur », étant entendu que 1 et 4 sont d'or et 2 et 3 d'azur.
Par contre, lorsque les quartiers sont différents les uns des autres
ou très complexe à définir on blasonnera chaque quartier individuellement.
Exemple : « écartelé, au 1 de ... ; au 2 de .... ;
au 3 de ... ; au 4 de ... ».
Fonctionnement :
Le blasonnement commencera toujours par l'écu, même si celui-ci comporte de
nombreux ornements extérieurs ; ceux-ci seront blasonnés par la suite.
Ceci étant dit, la lecture du blason débute par son partitionnement
(s'il existe), suivi de l'émail du champ principal puis des charges
(pièces et meubles) avec leur émaux respectifs et ainsi de suite avec
chaque partie... :-)
Lorsqu'il y a plusieurs charges, on blasonnera en premier les pièces
et\ou les meubles principaux (de 1er ordre) présents sur l'écu.
En règle générale, les pièces sont énumérées avant les meubles les chargeant,
et ce, dans chaque partie si l'écu est partitionné.
Le champ et l'abîme de l'écu sont de permier ordre, par conséquent, un
meuble placé au coeur de l'écu sera blasonné avant une pièce même honorable
tel le chef.
D'autres éléments clés pour trouver l'ordre de priorité de blasonnement :
leur taille,
leur emplacement,
leur nombre
C'est encore un peu flou ? :) On va essayer d'éclaircir un peu cela
en procédant par étape :
(En cas de doute(s) restez logique).
les émaux : « de gueules », « de sable et d'argent, », ...
les charges : pèces et meubles,
autres pièces : « ... à la bordure de ...», « au trêcheur de ... », ...
Ordre de blasonnement d'une pièce :
Lorsqu'on blasonne une pièce, on donne bien évidemment son nom :),
son contour s'il n'est pas linéaire (bretessé, denté, ...), son état
(alaisé, failli, ...), puis son émail ou sa composition si
celle-ci est « remplie » d'autre chose que d'un émail unique
(échiquetée ..., billettée ..., semée de ...), et enfin le ou les
meubles qui l'a chargent.
Dans le cas ou il y aurait plusieurs pièces identiques, leur
nombre serait indiqué avant leur nom, exemple : « ... à trois
fasces de sable ».
Mais, lorsque ces pièces font parties d'un rebattement, leur
nombre est souvent indiqué après leur émaux, comme dans : « palé d'or
et de gueules de quatre pièces ».
Il arrive de rencontrer dans des armoriaux : « palé d'or et de
gueules (4) » ou (4p) ; cet indication représente
effectivement le nombre de pièces et elle est parfois placée juste après le
partitionnement plutôt qu'après les émaux.
Ordre de blasonnement d'un meuble :
Les meubles sont blasonnés en commençant par leur nombre (si > 1),
suivi du nom de celui-ci, puis de sa « caractéristique
particulière », de sa posture et de son orientation (si l'une
diffère de sa caractéristique naturel ou dite par défaut), puis de son
émail ou de sa composition, enfin on blasonnera ses attributs s'ils
sont d'un émail différent.
Exemple : « D'or, au lion couard regardant contourné de sable, armé
d'azur ».
Exemple :
D'or = émail du champ (fond de l'écu),
au lion couard = l'animal et sa caractéristique particulière,
regardant = posture,
contourné = orientation symétrique du meuble,
de sable = émail du lion,
armé d'azur = attribut.
S'il y a plusieurs meubles identiques, il ne faut pas oublier d'indiquer
(sauf conformation par usage (défaut)) leur disposition et leur
orientation.
On aurait alors :
D'or, à trois lions assis = le nombre,
..., (autres caractéristiques)
rangés en pal = position sur l'écu,
posés en bande = orientation. (Humm, le lion s'y prète mal).
Dans certains cas, lorsque c'est explicite, il est possible d'omettre
les mots comme « rangé » ou « posé ».
Imaginez : « D'or, à la barre d'azur, chargée de trois fusées
d'argent ». La fusée qui normalement dans
sont état normal est verticale (orientation), charge ici, une
barre (pièce oblique), c'est à dire, on positionne par dessus
celle-ci trois fusées. Ces fusées seront donc rangées (placées) en barre par
nécessité (elles suivent la forme de la pièce), mais en est-il de même
concernant son orientation ?
C'est plus une convention qui va régir cet état et non réelement une
règle. D'autre part cela dépend des meubles...
Néanmoins, le plus souvent les meubles seront posés dans le même
sens les pièces obliques qui les accueillent.
Cette même disposition de meubles mais en supprimant la pièce, serait
blasonné : « D'azur, à trois fusées d'argent rangées en barre,
posées de même », vous constatez que l'on précise alors l'orientation,
sinon elles seraient verticales. Maintenant si nous voulons qu'elles soient
orientées verticalement sur une barre (pièce) il faudrait ajouter un
adjectif : « D'or, une barre d'azur chargée de trois fusées d'argent,
posées à plomb ».
À contrario, on pourraît obtenir : « D'or, à la barre d'azur,
chargée de trois fusées d'argent, posées en bande » ou encore,
« D'azur, à trois fusées d'argent rangées en barre, posées en
bande ».
Voir ces exemples.
Notez également que le meuble peut voir ses dimensions réduites pour
s'adapter à son environnement.
[Tout le monde n'est pas totalement d'accord avec ce qui est dit, pour
y remédier, c'est simple, il suffit d'indiquer à chaque fois le placement
(rangé) et l'orientation (posé), même pour ce qu'on concidère disposé de
manière naturelle. Le point positif est qu'il n'y aura aucun litige quand à
la relation blasonnement et blason (dessin), mais au détriment d'une
certaine rigueur héraldique qui fait partie de l'Héraldique.]
Autres caractéristiques d'un blasonnement :
Faire attention au chevauchement d'une charge par une autre. Qui broche qui ? :-)
Ce qui signifie, qui se superpose à qui ?
En effet, une pièce peut être brochante à un meuble et vice versa.
Il y a des pièces qui font exeptions, telles les bordures et dérivées qui
sont rarement blasonnées brochantes (ou brochant, dans les anciens armoriaux
le mot brochant n'est jamais accordé) car c'est leur caractéristique. Vous
aurez des exemples plus bas...
Vous trouverez toutes les caractéristiques concernant les orientations
et les dispositions par défaut des meubles dans
le chapitre ad-hoc. ;-)
Le blasonnement ne devrait jamais, lorsque c'est possible, répéter un
émail déjà utilisé. On utilisera alors des combinaisons du type :
- du même,
- du premier, du second,
- de l'un à l'autre, de l'un en l'autre,
- du champ, du meuble ou de la figure,
- etc.
Ce n'est pas forcément des plus lisible et doit être employé sans qu'il
ne puisse y avoir de doute.
Voila pour les grandes lignes ; tout ceci est davantage un guide, des
conventions que des règles absolues, puisque le principal objectif est
d'obtenir un blasonnement correct. Il est possible, voire normal d'obtenir
à partir d'un blason (dessin) un blasonnement (descriptif) différent,
surtout lorsque le dessin est complexe, mais à partir de ce(s)
blasonnement(s) on doit obtenir le même blason ! (Au trait du dessinateur
près).
Cependant, l'héraldique c'est aussi un vocabulaire, des règles et une
grammaire particulière, il faut donc les employer à chaque fois que c'est
possible.
Gardez bien à l'esprit, quitte à me répéter, ;o) qu'un blasonnement
(en lecture) doit pouvoir être utilisé pour recréer (blasonner ;-)) un écu.
D'où l'importance de la précision de l'énumération. Mieux vaut un
blasonnement trop détaillé que pas assez !
Je reconnais que c'est parfois délicat. c'est pourquoi on va développer
tout ça en image... :-))
Étude à l'aide de dessins :
Quelques exemples sur le taillé.
On retrouve ici plusieurs possibilités de blasonnements (énumérations) :
Les mots écrits en italique sont souvent omis car implicites dans
un descriptif héraldique, toutefois en cas de doute ils devront faire
partie du blasonnement. Les mots soulignés sont parfois absents mais
leur absence peut parfois changer le sens du blasonnement...
- « Taillé de sable et d'or, un écusson d'argent, chargé de deux hermines
du premier, posé au franc-quartier ».
- « Taillé, de sable, à un écusson d'argent, chargé de deux hermines
du premier et d'or ».
- « Taillé : au 1, de sable, à un écusson d'argent, chargé de deux hermines
du premier ; au 2, d'or ».
1. Lécu est partitionné (Taillé) :
« Taillé d'or et d'azur, à un lion rampant d'argent,
armé et lampassé de gueules ».
2. Le lion (meuble) est également partitionné (émaux inversés) :
« Taillé d'or et d'azur, à un lion rampant de l'un en
l'autre, armé et lampassé de gueules ».
3. Le lion (meuble) est également partitionné (émaux différents) :
« Taillé d'or et d'azur, à un lion rampant taillé de
sinople et d'argent, armé et lampassé de gueules ».
4. Seul le lion (meuble) est partitionné :
« D'or, à un lion rampant taillé de sinople et d'argent,
armé et lampassé de gueules ».
Les armoiries dans leur ensemble peuvent représenter plus que l'écu (le
blason). Les armoiries sont « habillées » de nombreux autres éléments que
nous alons voir en détail, cet habillage est apparu plus tard dans
l'histoire de l'héraldique, il n'obéit à aucune règle bien définie (sauf
exeptions citées plus bas) si ce n'est l'embellissement des armes par
elles-mêmes.
Par conséquent, il ne faudra pas rechercher quelconque symbole dans ces
éléments.
Nombres de ces éléments vont pouvoir se retrouver ensemble car ils
occuperont chacun une place bien précise dans la composition des armoiries.
Ces éléments, cet « habillage » représente dans le jargon héraldique,
les ornements extérieurs.
Il faut toutefois noter que certains ornements sont « réservés » quant à
leur utilisation, car ils correspondent à un titre de noblesse particulier.
En effet, s'attribuer une couronne, alors qu'on ne possède pas de titre de
noblesse, relève de la pure usurpation de titre et n'a strictement aucune
valeur, vous n'en serez pas roi pour autant ! ;o)
Tout comme pour les couronnes, les heaumes se déclinent en variantes
sensées représenter un titre. Je dis sensé car la règle ne fût apparemment
pas respectée ! :)
Néanmoins, à une certaine époque, si tout le monde avait le droit de
posséder ses armoiries, il pouvait en couter très cher à l'usurpateur d'un
heaume et de surcroit d'une couronne !
Ces heaumes, mis en tant que timbres sont apparus plus tardivement et sont
d'avantage des heaumes de joutes et de parades que des casques utilisés au
combat !
Avant de commencer, je précise que chaque élément (ornement) est
facultatif, s'il n'est pas présent on passe au suivant... :-) D'autre part
la couronne ne sera pas répétée moulte fois, elle sera soit directement au
dessus de l'écu, soit sur le timbre, soit au niveau du cimier, ou encore
au dessus, couvrant le manteau ou équivalent (chapiteau, pavillon, ...).
Une fois l'écu blasonné, voici généralement l'ordre dans lequel
l'énumération des ornements extérieurs à l'écu s'effectuera :
Le blasonnement fera tout d'abord mention de ce qui coiffe
directement l'écu.
Le blasonnement du timbre.
Le blasonnement du cimier.
Les lambrequins et plumails.
L'ordre de distinction ou d'appartenance.
Capeline et autres manteaux.
Devise et cri.
Voici en détail quelques ornements qu'on peut trouver :
1 Le blason... :-)
2 On trouvera ici, tous types
de couronnes ou chapeaux. Cet ornement qualifie un titre ou plus souvent
lorsqu'il est si gros (taille de l'écu ou davantage) une ville ou un état.
La couronne est normalement légèrement au dessus de l'écu.
3
Le cimier quand à lui est souvent « aux couleurs » de l'écu, mais ce
n'est pas ne obligation.
4
Les lambrequins et autres listels.
5
Le collier d'ordre...
6
Ces ornements sont répertoriés en trois familles dont il n'existe pas de
liste exhautive.
Les tenants : ils représentent les personnes dont les plus usitées sont :
des anges, des hommes quasi nus, des chérubins, des moines, des hommes
d'armes (gardes), des maures, etc..
Les supports : ils représentent les animaux. C'est la famille la plus
représentative des ornements, les plus connus étant, les lions, les licornes,
les chiens, et des nombreuses autres bêtes fabuleuses...
Les soutiens : sont les objets divers et variés. Exemples : arbres,
branches, colonnes, pilliers, etc..
7
Le cri
8
La devise
9
Ne cherchez pas, le neuf (9) n'est pas représenté. ;-)) Voir l'image en
noir et blanc en haut de ce chapitre. Il est possible de définir cet ornement
avant le cri et la devise.
C'est (mis à part le « plat » sur lequel les armoiries sont dessinées)
l'arrière plan, le dernier soutien pour l'ensemble des armoiries, il existe
deux catégories qui peuvent éventuellement se retrouver supperposées.
Les premiers soutiens sont de la même famille que les soutiens (8) expliqués
ci-dessus, mais placés en sautoir sous l'écu et de tailles relativement
imposantes. On va y retrouver des armes (épées, hallebardes, ...) mais aussi
des bannières avec leur hampe et d'autres ayant la particularité d'être
distinctif comme les bâtons de maréchaux, les clés du paradis, les masses
d'armes (grand chancelier), etc. qui sont « réservés » à un titre.
Et enfin les tentes, pavillons, manteaux (mantels) ou capes (capelines)
qui représentent une grande surface de « tissu », tantôt aux armes, tantôt
unis. Par exemple, d'azur semé de fleurs de lys d'or pour le pavillon de
France sur lequel s'affiche le blason de France (à 3 lys d'or).
Les premiers pour la route :
« D'or, à la cotice de gueules, au lion dragonné de sable, armé et lampassé
de gueules, brochant », on peut trouver « ... brochant sur le tout » ou
encore « ... brochant la cotice ».
« D'or, au lion dragonné de sable, armé et lampassé de gueules,
la cotice de gueules, brochante ».
« D'or, au lion dragonné de sable, armé et lampassé de gueules, au bâton
péri en barre de gueules ». Le brochant devient inutile sur ce qui semble
être une brisure de ces armes.
« D'azur, à la croix d'argent, cantonée d'une billette d'or, une aigle
bicéphale de sable posée en abîme ».
« en coeur » est également une utilisation correcte.
Cet exemple est assez complexe à définir, voyons les différentes manières
de le « décortiquer »... ;-)
La version officiel de la mairie est :
« ».
Pour ma part je blasonnerais comme suit :
« Gironné d'or et azur, une croix contre-palée d'azur et d'or de quatre
pièces en pal et contre-fascée des premiers de quatre pièces en fasce, sur
le tout de gueules, à la croix d'argent, une moucheture d'hermine en chef ».
Ce blasonnement à le mérite d'être court et précis. Toutefois
il est possible, en supprimant les sous-entendus ajouter un peu de charme
prosaïque au blasonement.
D'autres blasonnement sont tout à fait valables, nous les verrons après
l'explication en détail de la construction associée au blasonnement que
je vous ai proposé. L'ordre de construction
est indiqué par les chiffres de couleur rouge.
1 La base de
l'écu : le gironné d'or et d'azur, les chiffres en
vert vous rappel l'ordre
de lecture de cette partition.
2 Une croix...
3 Maintenant supperposée.
4 Maintenant, considérons un pal
contre-palé d'azur et d'or.
5 Et une fasce, contre-fascée
d'or et d'azur.
Oui mais alors, pourquoi ne pas les utiliser directement et passer par
la croix ? Comme précisé dans le chapitre des pièces, la croix est la
concrétisation du pal et de la fasce ! ;-)
Mais il ne serait pas faut de dire : « Gironné d'or et d'azur,
chargé d'un pal contre-palé d'azur et d'or (4p) et d'une fasce brochante,
contre-fascé (4p) ... ». Notez l'obligation d'ajouter les termes « chargé »
et « brochant ».
Voici le « sur le tout », je ne vous ferais pas l'affront de vous l'expliquer... :-)
Voici d'autres blasonnements corrects :
« Gironné d'or et d'azur, à la croix brochante, palé d'azur et d'or de
quatre pièces en chef et d'or et d'azur en pointe, fascé d'or et d'azur de
quatre pièces à dextre et d'azur et d'or à senestre ; en coeur un blason de
gueules à la croix d'argent garnie d'une hermine en chef ».
Ou encore :
« Gironné d'or et d'azur, au pal brochant palé et contrepalé de quatre
pièces, d'azur et d'or, à la fasce brochante fascée et contrefascée de
quatre pièces d'or et d'azur, sur le tout, en abîme, un écu de gueules à la
croix d'argent chargée en chef d'une hermine ».
Ou bien une version très précise en définissant les neuf quartiers et
utilisant un partitionnement différent de la croix :
« Parti de deux, coupé de deux, au 1, tranché d'or et d'azur ; au 2,
palé d'azur et d'or de quatre pièces ; au 3, taillé d'azur et d'or ; au 4,
fascé d'or et d'azur de quatre pièces ; au 5, sur-le-tout de gueules,
à la croix d'argent, chargée en chef d'une moucheture d'hermine de sable ;
au 6, fascé d'azur et d'or de quatre pièces ; au 7, taillé, d'or et d'azur ;
au 8, palé d'or et d'azur de quatre pièces ; au 9, tranché d'azur et d'or. ».
Voici la version donnée le livre « Blasons de Touraine » de Bernard de
Fournoux : « Fascé, contrefacé, palé, contrepalé, les cantons gironnés et
contre-gironnés, le tout d'or et d'azur, sur le tout de gueules à la croix
d'argent chargée d'une moucheture d'hermine au point du chef ».
Je n'y adhère pas du tout car bien trop imprécise ! Un fascé ou un palé
est composé de six pièces par défaut (ce qui n'est pas le cas). Les cantons
sont dits gironnés, que néni ! On pourait dire composé de deux girons (encore
faudrait-il préciser émaux et dispositions) ; une utilisation du taillé et du
tranché serait mieux adaptée. « ... le tout d'or et d'azur ... », humm, oui,
effectivement il n'y a que ces deux émaux mais l'ordre n'est pas le même pour
chaque rabattement !