Les pièces   

 
Sceau blason




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Note : Si vous laissez votre pointeur de la souris au dessus de certains écus, vous devriez obtenir dans un court délai, le blasonnement de l'écu survolé.
[ Cette marque rouge «  | (liseré de marge)» dans la marge, indique les paragraphes nouveaux ou modifiés. ]


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  Puce piece heraldique

1. Définitions

La pièce est une charge. Autrement dit, c'est une composante supplémentaire très courante que l'on peut retrouver sur un écu. Sa forme est purement géométrique, et elle peut parfois se superposer à des partitions de même forme, attention donc aux erreurs d'analyse rapide.
En règle générale, la pièce doit toucher les bords de l'écu, ses formes (de bases) ne sont pas infinies. Attention, ceci n'exclut pas les multiples possibilités offertes par les traits des contours qui la forment ou de la modification de leur taille. Un exemple des plus classique, la fasce : elle peut se dériver à loisir en une fasce vivrée, crénelée, bretessée, ondulée, ... :))
Contrairement aux meubles, la pièce ne se place ni se déplace n'importe où sur l'écu. Elle occupe une ou des positions bien définies.

Il faut la considérer comme une pièce cousue ajoutée à l'écu. Le meilleur moyen de la reconnaître lorsqu'elle est bien dessinée, est l'ombre portée qui définit les contours bas et/ou droits de la pièce. En effet, aussi bien d'un point de vue symbolique que esthétique, il faut considérer que la lumière arrive de l'angle supérieur gauche de l'écu (écu vu de face par un observateur), ce qui correspond au côté dextre dans la formulation héraldique (écu porté).


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2. Notions simplifiées

Les pièces occupent naturellement différentes places sur l'écu, en fonction de leur forme propre. (Voir la page sur le découpage de l'écu qui donne les noms des différentes positions.) La position autre que celle par défaut doit être, soit précisée derrière le nom de la pièce, exemple pour la fasce : fasce haussée ou fasce abaissée, soit tout simplement prendre un nom différent : le chef n'est-il pas, d'un point de vue purement géométrique, une fasce collée en haut de l'écu ? :-)
Parmi les autres modifications applicables aux pièces on trouve le rebattement (voir le chapitre sur les partitions) et le changement de taille de celle-ci. La pièce sera alors désignée sous un autre nom.

Attention, chaque pays peut avoir des règles ou des critères quelque peu différents. Cependant ce qui est dit est valable à 90% pour tout le monde, les différences ne représentent que des points particuliers (ajouts, autres noms ou autres pièces).


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Le référencement des pièces.

Je vous vois venir... Vous voulez la liste des pièces honorables !
Humm, alors voici une liste qui ne se laissera pas contredire, maintenant si vous pensez que d'autres pièces sont considérées comme honorables, je vous en prie, écrivez-moi, nous en discuterons.
Premier point, les pièces honorables sont sensées représenter 1/3 de la surface de l'écu et elles se superposent aux partitions de l'écu.

puce piece 2

Les pièces principales.

Les compositions, comme le sautoir (bande plus barre) ou la croix (pal plus fasce) sont considérées comme des pièces moins honorables. Associées à celles-ci, on trouvera les pièces directes (au tracé droit) touchant au moins deux bords de l'écu. Exemples : le franc-quartier, le canton, le giron, la cornière, la pile, la champagne, ...
 
Les autres pièces entreront directement dans la troisième catégorie. :)


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3. Un peu de rigueur...


Nous allons parler un petit peu des proportions utilisées dans les pièces honorables...
Malheureusement, il n'y a pas (du moins en ma possession) de guide pratique référençant des chiffres exacts. Les valeurs ont même tendance à être différentes suivant les auteurs et les régions...
Il faut garder à l'esprit que l'esthétique est un critère primordial qui à été retenue et ce, depuis très longtemps.
Il faut donc se montrer un peu magnanime à la lecture de ce paragraphe.

Donc, si la fasce représente dans sa largeur 1/3 de la surface de l'écu, celle-ci diminue légérement lorsqu'il y a deux ou trois fasces. Si le nombre de fasces augmente encore, on tombera dans le fascé de x pièces ou le burelé, la largeur s'adapte pour qu'il y ait harmonie entre les fasces et les espaces de séparation. Ceci est également valable pour les autres pièces le palé, le bandé, le barré et le chevroné.
Concernant le chef, que j'ai considéré dans le paragraphe précédent comme une fasce collée en haut de l'écu, ;-) il peut voir sa surface fluctuer normalement entre plus ou moins 10% du 1/3.
Il faut néanmoins noter que selon des auteurs d'armoriaux et de livres dédiés à l'héraldique, le chef peut varier du quart de la surface à presque la moitié. Cette dernière est par ailleur source d'erreurs car certains ont pu retransmettre un coupé plutôt qu'un chef (chef très large arrivant presque à la moitié).
La trangle est suivant les ouvrages de 1/3 à 1/2 la largeur d'une fasce. Mais, elle ne s'utilise qu'en nombre impair.
La cotice et la traverse font 1/2 de largeur par rapport à la bande et à la barre.
Les comble, devise, plaine représentent 1/3 de la largeur d'une fasce.
Le filet formant entre autres la jumelle, la tierce, la filière, etc. fait 1/5 de la largeur de sa pièce de base (fasce, pal, barre, bande, etc.).



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4. Les pièces de base


franc-quartier
L'animation ci-contre montre quelques proportions et dispositions acquises par défaut... Notez bien l'ombre portée sur chacune d'elles. Le choix des couleurs n'est ici qu'à titre indicatif, bien entendu, la règle des émaux s'applique.  ;-)
Si l'une de ces pièces se trouvait déplacée, il suffirait de blasonner son emplacement. Par exemple « canton à senestre » ou « le quartier de la pointe dextre ».

Je ne peux pas vous présenter toutes les pièces qui existent, mais à partir de ces exemples, vous pourrez entrevoir les combinaisons possibles des modifications de la taille, des traits ou des retraits qui peuvent intervenir sur les autres pièces.

Voici maintenant quelques exemples des pièces les plus courantes :
Commençons par les pièces « horizontales », dont la première est une des pièces dites honorables et celle-ci se nomme la fasce.
Les blasonnements correspondant sont « D'or, à la fasce de sinople », « D'or, à la fasce haussée de sinople », « D'or, à la fasce abaissée de sinople », « D'or, au chef de sinople », « D'or, à la campagne de sinople » (on peut dire campagne ou champagne).

fasce fasce haussée fasce abaissée chef champagne 2 fasce 3 fasces

La taille de la pièce diminue, et le nom change... Le caractère « honorable » des pièces modifiées est alors perdu.
 

1 trangle 3 trangles Sur ce dessin, on pourrait confondre les trois trangles avec les trois fasces, la différence est faible, elle est à la fois liée aux proportions et aux espaces de séparation. Les trangles sont normalement représentées en nombre impair et moins larges que des fasces du même nombre. (Des fois, la différence n'est pas décrite et on nommera « 3 fasces » plutôt que « 3 trangles »).
Cependant, une telle représentation sera parfois blasonnée «  à trois fasces » dans certains ouvrages ; on ne peut pas considérer cela comme une faute, mais plutôt comme un manque de rigueur.
Toutefois, l'héraldique ayant évolué au cours des âges, il faudrait pouvoir déterminer la date d'apparition de ce mot dans le vocabulaire héraldique.

ecu Utilisation commune d'une trangle :
Ici, on a affaire à une trangle qui soutient un chef : « D'argent, au chef de gueules soutenu par une trangle de pourpre », mais on peut omettre le mot « trangle », ce qui donne : « D'argent, au chef de gueules soutenu de pourpre ». C'est un cas particulier qui ne prète pas à confusion.

La taille diminue de nouveau et de manière unitaire on obtient :
 

« d'or, à la devise de gueules » « d'or, au comble de gueules » « d'or, à la plaine de gueules » Chacune de ces pièces est à sa place par défaut, cependant il n'est à mon avis pas exclu (bien que rare) que l'on puisse abaisser un comble ou réhausser une plaine.

Encore plus petit... En fait, de taille variable mais en nombre :
 

« d'argent, à quatre fasces de sinopole »
« d'argent, à quatre burelles de sinopole »
En haut à gauche, le blasonnement le plus correcte est « D'argent, à quatre fasces de sinopole ». La surface des pièces par rapport à l'espacement entre celles-ci est révélateur. Cependant, à partir de quatre de ces pièces (un peu plus réduites) comme sur l'image du bas (à gauche) ou d'une largeur de la pièce égale à l'espacement entre elles, on parlera de burelles (ou burèles). « D'argent, à quatre burelles de sinopole ». « d'argent, à cinq burelles de sinopole » Voici : « D'argent, à cinq burelles de sinopole » Il est important de faire la corrélation entre les burelles (pièces) et les rebattements...

Vous avez noté que je n'ai pas parlé ni du fascé ni du burelé. Ne confondez pas burelles et burelé ! :)
Ce sont des rebattements des pièces de petites largeurs qui sont expliqués dans la partie spécifique : les répartitions et rebattements.


filet Voici maintenant la pièce la plus fine, le filet ! Le filet s'utilise dans les quatre directions, filet en fasce, en pal, en barre et en bande. Son nom se modifie avec le nombre de filets accolés.

« d'argent, à la jumelle d'azur » « d'argent, à la tierce d'azur » On peut dire, une jumelle ou bien des jumelles. Idem pour la tierce, mais attention aux confusions ! Comment dessineriez vous « D'argent, à deux jumelles d'azur » ? Comme le dessin ci-contre ou avec quatre (4) filets séparés deux à deux ?

Suivant le principe énoncé plus haut, on retrouvera une partie de ces pièces avec l'attribut qui lui convient en fonction de son orientation. Toutes les largeurs précédemment évoquées existent pour toutes les autres pièces.
 

ecu ecu « D'argent, aux tierces d'azur en pal ». On peut aussi trouver des jumelles ou des tierces, en bande et en barre. En combinaison on peut obtenir : « D'argent, aux tierces d'azur en croix  ».

Vu qu'on a entamé les pièces verticales avec le filet, voici le « pendant » de la fasce : le pal.

pal Le pal
« D'or au pal d'azur ».
Imaginez tout ce qui peut en découler... ;-)
4 pals ou vergettes Vergettes
La variation de surface des petits pals peut conditionner un « D'or, à quatre pals d'azur » ou un « D'or, à quatre vergettes d'azur ». Dans le cas présent et en théorie, à partir de quatre, ces pièces se nomment vergettes.
« d'or, au pal d'azur déporté à dextre » Pal déporté
Tout comme on peut hausser ou abaisser une fasce, on déportera à dextre ou à senestre, un pal. Ici à dextre.
ecu Adextré
Si la pièce est collée au bord de l'écu, on aura affaire à un adextré (ou à un dextré), de l'autre côté ce serait un senestré.


A ce point précis des descriptions, il est important de ne pas confondre les pièces avec leur rabattement.
Consultez cette partie du site pour voir la différence et éviter les confusions dès maintenant.


Passons maintenant aux pièces obliques :
« d'or, à la bande de sinople » La bande
« D'or, à la bande de sinople ».
La surface peut varier dans les deux sens, toute proportion gardée avant de changer de nom. Elle peut représenter plus d'un tiers de la surface de l'écu.
ecu : « d'or, à la cotice de gueules » La cotice
« d'or, à la cotice de gueules ».
C'est la bande en plus fin.
« d'or, à la barre de sinople » La barre
« D'or, à la barre de sinople ».
Sa surface peut aussi varier dans les deux sens, toute proportion gardée avant de changer de nom et peut représenter plus d'un tiers de la surface de l'écu.
ecu : « d'or, à la traverse de gueules » La traverse
« D'or, à la traverse de gueules ».
Plus fine, il s'agira d'une traverse, mais on trouvera parfois une « cotice en barre ».

« d'or, au sautoir de sinople »« d'or, aux cotices en sautoir de gueules » Le sautoir
Une combinaison classique des pièces obliques sont les sautoirs.
« D'or, au sautoir de sinople » et « D'or, aux cotices (traverses) en sautoir de gueules », on peut effectivement trouver les deux termes dans ce cas précis.



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Les contours.

Autres possibilités pouvant s'appliquer aux pièces.
 

« d'or au pal engrelé d'azur » Le contour des pièces peut prendre plusieurs types de dessins, un tracé particulier que je nomme trait. Ce trait de contour peut s'appliquer de n'importe quel côté de la pièce ou bien les deux (voire 4 pour les croix) à la fois. Il existe une grande variété de traits plus ou moins classiques. On a ici : « D'or, au pal engrelé d'azur ».

Le chapitre sur les traits vous montrera toutes d'autres possibilités de contours. Bien sûr, c'est valable pour toutes les pièces.


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Les terminaisons

Ces terminaisons s'appliquent principalement aux pièces horizontales et verticales, mais elles peuvent être employées avec les pièces obliques et avec d'autres pièces particulières comme les croix (pal + fasce) et les roues.
Une pièce ainsi modifiée perd son caractère honorable.
 
Exemples :

ecu ecu Le pal est dit fiché (pointe vers le bas) ; le pal est dit aiguisé (pointe vers le haut). L'extrémité possède un grand nombre de variantes, qui ne s'appliquent pas forcément au pal, comme « flambant, cometé, pommeté, potencé, fleurdelisé, bourdonné, patté, ... »

Nous verrons plus de terminaisons dans la partie consacrée aux croix.


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Un autre type de terminaison.

fasce en retrait à senestre fasce alésée en talus Le retrait
Il s'effectue sur un côté, l'autre côté devant toujours toucher le bord de l'écu (dessin 1). Lorsque la pièce ne touche plus les bords de l'écu, on dit alors qu'elle est alésée (dessin 2). Dans le cas présent la fasce est dite alésée en talus. Si les bords étaient restés droits, l'attribut alésée aurait suffi.


Attention : ces termes peuvent être utilisés pour d'autres pièces, mais lorsque le retrait ou l'alésage est appliqué sur certaines pièces, un vocabulaire dédié existe ! Comme par exemple le bâton péri ci-dessous.
 
Ce sont par ailleurs ces dernières modifications qui sont les plus souvent employées pour distinguer les familles cadettes ou les fils bâtards. Le plus rencontré étant le bâton péri (qu'il soit posé en bande ou en barre), sa taille est la moitié d'une cotice alésée en pointe et en chef. On rencontrera également le lambel, trois pans par défaut. Un autre type de lambel existe avec des pans droits.
Il peut être brochant (recouvrir les pièces et meubles de l'écu) ou non, mais le plus souvent placé vers le haut de l'écu.
 
« d'argent, au bâton de gueules péri en barre » « d'or, au lambel de pourpre » « d'or, au lambel de gueules »

 
Petite synthèse sur les contours, les terminaisons et les types de retraits :
Tout en évitant les surcharges artistiques, on peut tout à fait combiner les types de modifications vu ci-dessus. Exemples :
   
« D'or, au pal fiché, engrelé d'azur ».
« D'or, au pal fiché d'azur, alésé en chef ».
« D'or, au pal fiché, crénelé d'azur, alésé en chef ».

Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas oublié les autres pièces ; les chevrons, les croix et les orles...
Je les ai mises un peu à part au vu de leur forme un peu plus complexe.

Commençons par le chevron, qui fait aussi, je vous le rappel, partie des pièces honorables. Il est également affublé de nombreuses modifications.
 

chevron Lorsque son épaisseur se réduit, on le nomme « étai ».
À gauche, le chevron.                         À droite, l'étai
Étai

Tout comme pour les autres pièces, le nombre implique une diminution de la surface du chevron. C'est alors que les notions et règles de l'héraldique et de l'esthétisme sont importantes. On a ici de gauche à droite :
« D'argent, à trois chevrons de gueules ». (Qui contredirait ? ;))
« D'argent, à trois chevrons de gueules ». (Mon opinion perso, à moi ! ;o) )
« D'argent, à trois étais de gueules ».
« d'argent, à trois (étais ou chevrons) de gueules »
« d'argent, à trois (étais ou chevrons) de gueules »

chevron Le chevron existe aussi sans toucher le haut de l'écu, on le dit « retrait en chef » ; cependant on le trouve sans autre précision dans cet état. Cela mérite quelques recherches supplémentaires... On peut aussi trouver sans autre précision dans le blasonnement, le chevron en équerre. chevron
chevron écimé L'alésage supérieur d'un chevron se dit « écimé » (dessin de gauche) et lorsque c'est sa base qui est alésé (notez les angles) on le dit « chevron raccourci » (dessin de droite). chevron raccourci

« d'argent, à l'étai failli à dextre de gueules » « d'argent, à l'étai déjoint de gueules » L'étai ou le chevron peut être failli à dextre ou à senestre, il peut aussi être déjoint ou disjoint ou encore brisé. Toutes ces pièces peuvent être renversées, c'est à dire la pointe vers le bas. Si on croise des chevrons, ils seront alors entremélés.

Qu'obtient-on avec les contours de l'écu ?
 

« d'argent, à la bordure de sinople » La bordure et la filière
La bordure représente environ 1/7 de la largeur de l'écu et lorsqu'elle est réduite à la taille d'un filet, on la nomme filière...
« d'argent, à la filière de gueules »

Ce n'est hélas pas toujours évident de distinguer la bordure de la filière sur certains vieux dessins ou reproductions. Ceci explique qu'un même blason puisse être défini différemment suivant les auteurs de reprise d'armoriaux.

Voici quelques exemples de combinaisons relativement courantes entre une bordure et une pairle. Comme le filet en pairle ou le gousset quand celui-ci est rempli dans sa partie supérieure.
« d'argent, au filet d'azur en pairle, à la bordure de sinople  » « d'argent, au gousset de sable, à la bordure de sinople » « d'argent, au filet d'azur en pairle, à la bordure de sinople, une fleur de lys d'or, brochant le pairle »
1/ « D'argent, au filet d'azur en pairle, à la bordure de sinople ».
2/ « D'argent, au gousset de sable, à la bordure de sinople ».
3/ « D'argent, au filet d'azur en pairle, à la bordure de sinople, une fleur de lys d'or, brochant le pairle ».

Par défaut on ne dit pas que la bordure est brochante, mais dans le cas de blasons plus complexes il serait souhaitable de le préciser pour savoir quelle pièce ou quel meuble est brochant et éviter les confusions. Toutefois l'ajouter à ces blasonnements n'est pas une erreur.

NOTE : comme toutes les autres pièces, la bordure peut être chargée de meubles (billettée, semée de xxx (meuble quelconque), ...) ou rabattue. Lire les chapitres sur le remplissage et sur les répartitions.
bordure « d'hermine, à la filière de gueules » « d'argent, à la bordure componée de gueules et d'argent » Ces exemples peuvent se combiner aux trois écus du dessus.
« D'argent, à la bordure de sinople, herminée de sable ».
« D'hermine, à la filière de gueules ».
« D'argent, à la bordure componée de gueules et d'argent ».
  Le componée est une représentation qui se retrouve très souvent sur les bordures. Son nombre de cases peut varier et on peut également le préciser dans le blasonnement si l'on souhaite conserver un componé fixe. On utilisera le mot « pièce » pour nommer les cases :« D'argent, à la bordure componée de gueules et d'argent, de (24) pièces ».


« d'argent, à l'orle d'azur » L'orle
Si on imagine une bordure intérieure, on obtient l'orle.
Cette pièce est très souvent agrémentée : fleurdelisé, contre-fleurdelisé (trécheur) ...
On trouve également relativement souvent des meubles posés en orle, c'est à dire disposés suivant ce tracé.
Exemple : « ... à 10 grelots d'argent posés en orle ».
« d'argent, à l'écusson de sinople  » « d'argent, à l'écusson de sinople, sur le tout du tout, d'or » L'écusson ou le tout
Quoi de plus naturel que l'écusson ? Une réduction de l'écu. ;-)
Sur le premier écu, on dira que l'écusson est « sur le tout ».
Un second écusson placé par dessus (en coeur ou en abîme) sera identifié par « sur le tout du tout » !


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5. Les croix

La croix fait partie des figures les plus employées en héraldique, il s'agit là d'une pièce très symbolique.
C'est la pièce qui possède le plus de mutations ! C'est pourquoi j'en parlerai au pluriel. Elles sont de formes différentes mais pourtant elles ont au moins trois points en commun (en plus d'être une croix ;)).
  • Elles sont fortes en symboliques !
  • Elles (ont été) sont utilisées dans de très nombreux ordres et décorations.
  • Elles sont parfois « mystérieuses » dans leur origine.

Enfin, les croix de par leur forme, ont de nombreuses possibilités de terminaisons (le bout des branches) et leurs dessins peuvent varier en utilisant les nombreux traits existants.

Une caractéristique souvent rencontrée : lorsque la croix (comme d'autres pièces) ne touche pas les bords de l'écu, elle est dite alésée.

Quelques exemples :

« d'azur, à la croix d'argent » La croix de base... « d'azur, à la croix alésée d'argent » La même, mais alésée. croix crénélée Ho, la jolie croix crénelée. ;-)

Je ne vais pas dessiner toutes les croix, du moins pour l'instant ; quasiment tous les ouvrages d'héraldique en font part. Voici tout de même les types de croix les plus « célèbres » :
 
Les croix pattées. croix pattée croix pattée croix templière croix teutonique
La croix de Malte. croix de malte croix de malte croix de malte la croix de malte ?
Attention, il existe des variantes de chacune de ces croix !
C'est parfois précisé dans le nom, (exemple : « croix de Malte à pattes anglées alésées », mais ce n'est pas toujours le cas.

 
Je vous avais promis d'autres terminaisons et bien voici celles que vous rencontrerez le plus souvent. De bien entendu elles ne s'appliquent pas qu'aux croix...

Attention, des croix aux terminaisons multiples comme celles dessinées n'existent pas, du moins, pas à ma connaissance et ce serait d'un mauvais goût artistique (et donc contraire à l'une des règles majeures de l'Héraldique).

Les couleurs ne sont là que pour mieux différencier les terminaisons !
Ces représentations ne sont là que pour afficher le maximum de terminaisons. On pourrait éventuellement concevoir deux terminaisons différentes, mais pas d'avantage.

Nous avons donc :
terminaison 1
« D'or, à la croix bourdonnée en pal et pommetée en fasce, d'azur ».

terminaison 2
Là, nous avons un croissant en chef, treflée à dextre, ancrée à senestre et hendée en pointe. Ne pas confondre l'ancré avec le fourcheté et l'anillé. Toutes ces terminaisons se séparent en deux mais pas avec la même forme.

terminaison 3
Celle-ci est accornée en chef (ne pas confondre avec le croissant), fleurée à dextre, fleurdelisée à senestre et au pied fiché.

terminaison 4
Pour celle-ci, nous avons : cordioflorée en haut et panelée en bas. Elle est fléchée à dextre et fléchée pommetée à senestre.

 
RAPPEL : Vous pouvez obtenir le blasonnement en laissant quelques instants le pointeur de la souris sur l'écu.
croix potencée
Potencée
croix peronnee
Péronnée
croix recroisetée
Recroisettée
croisettes
Croisettes
NOTE : les croix peuvent être chargées de meubles (billettées, losangées), évidées, ou remplies [Voir le remplissage.]
Il existe encore beaucoup de terminaisons différentes, avec des têtes d'animaux, fantastiques ou non, d'autres types de courbures, etc. Exemples : guivrée, anillée, dardée, stellée, gringolée, flamboyante, ...

 
croix losanges   croix recroisetée   croix aigle   croix écartelée   croix en fusee
Comme vous pouvez le constater, la dernière croix est composée de fusées. D'autres meubles peuvent également être utilisés et donner de bons résultats, par exemple, la macle, le triangle, la queue d'hermine, la flame, ...


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6. Les autres pièces, conclusion

Voila, je vous ai présenté l'essentiel des pièces héraldiques, il en reste toutefois d'autres plus ambigües car elles correspondent exactement aux partitions « angulaires » définies dans la partie consacrée aux partitions. Alors partitions, ou pièces ? J'aurais tendance à dire « au choix... » même si le découpage s'apparente davantage à une partition.
« Ambigües », aussi parce qu'elles sont peu communes et que chacun cherche à s'en approprier le sens ! Néanmoins, dans le vocabulaire on pourra reconnaître la partition de la pièce, car comme pour toutes les autres partitions ou pièces, on utilisera l'adjectif pour qualifier une partition et le nom pour qualifier une pièce.
Exemples : chappé, chaussé, pour les partitions et la chappe, la chausse pour les pièces. Il en est de même pour la fasce (pièce) et le fascé (« D'or, fascé de gueules », partition devenant un rebattement !)


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